Sans abeilles pas de récoltes !

23/04/2018

Les abeilles sont apparues sur terre il y a plus de 80 millions d'années, tout comme les plantes à fleurs avec lesquelles elles ont tissé une relation fertile. La survie des abeilles concerne toute la société. Sans abeilles moins de fruits, moins de légumes, les insectes pollinisateurs et les abeilles en particulier assurent 35% de notre alimentation et 65% de notre diversité alimentaire 

La situation devient préoccupante

Les pesticides, l'agriculture intensive avec la destruction des haies, les bouleversements climatiques, les maladies affaiblissant et détruisant les populations d'abeilles. Bref, les apiculteurs ont bien du mal à reconstituer leur cheptel. En pollinisant les plantes, les butineuses contribuent à l'évolution et à la survie de plus de 80% des espèces végétales. Les plantes ont développé au fil des temps mille et une ruses pour attirer les abeilles. Elles ont par exemple adopté des couleurs vives pour se faire repérer.

Mais comment cela fonctionne-t-il ?

Les étamines (les organes mâles) produisent des grains de pollen. A chaque passage sur une fleur, les abeilles retiennent les grains grâce aux poils branchus qui recouvrent leur corps. Ce pollen apporté de corolle en corolle intervient dans la pollinisation, la butineuse les dépose sur le stigmate (organe femelle) d'une autre plante. Le processus de fructification peut commencer. Si toutes les conditions sont réunies le pollen germera et donnera naissance à un tube pollinique qui permettra la pollinisation. Cependant d'une plante à l'autre la pollinisation diffère. Chez certains végétaux, les organes mâles et femelles sont si proches que le grain de pollen n'a aucun mal à passer de l'un à l'autre, la fécondation peut avoir lieu sans pollinisateur (le blé ou la vigne).

Faites des efforts pour les abeilles... elles vous le rendront au centuple !

Les abeilles préfèrent butiner des espèces variées plutôt qu'une seule. Parmi les arbustes, les plus intéressants il y a le prunellier au peuplement dense et l'aubépine qui s'adapte à tous les sols. Le troène est visité par les abeilles quant les autres sources de nectar sont rares. Parmi les plantes grimpantes, la vigne vierge est visitée aux heures les plus chaudes en juin- juillet, le lierre dont l'extrémité du pédoncule se couvre de gouttelettes de nectar dès que le temps est humide. Beaucoup de plantes méditerranéennes également telles que le romarin, le thym, la lavande, la sauge et la sarriette. Grâce à leurs floraisons décalées, elles apportent aux abeilles un complément alimentaire, c'est aussi le cas pour certains arbustes porteurs de petits fruits : groseilles, cassis, framboises, myrtilles.

Au verger, les cerisiers et pommiers développent plusieurs milliers de fleurs, nourriture idéale pour alimenter une colonie d'abeilles et le Jardinier y trouve son compte. Par contre le pollen ne peut féconder les ovules de la même variété c'est le cas pour certains pommiers et poiriers. C'est pourquoi en créant un verger, il faut impérativement planter des variétés d'arbres complémentaires pour obtenir des fruits.

Sans pollinisation : pas de fruits, d'autant que si une variété n'est pas autofertile, il faut qu'il y ait au minimum une autre variété du même arbre fruitier qui est compatible. Parfois, il suffit d'apporter des bouquets floraux d'une autre variété avec une réserve d'eau dans l'arbre à polliniser. L'abeille transportera le pollen des fleurs de la variété pollinisatrice vers celle de la variété choisie pour la production de fruits.

Beaucoup pensent que la première vertu de l'abeille est de produire du miel ! En fait elle a un rôle encore plus important par sa contribution au développement et au maintien des écosystèmes. Elle permet d'assurer la fécondation de la majorité des espèces végétales. L'abeille est aussi déterminante pour la qualité de la production des graines ou des fruits. Pour le colza ou le tournesol, une bonne pollinisation entraîne une teneur en huile plus élevée. Dans un verger, l'insuffisance d'abeilles conduira à un nombre important de fruits déformés donc invendables. En aidant les abeilles, le jardinier peut espérer une bonne production de légumes ou de graines. Le travail de pollinisation est particulièrement efficace sur certaines plantes potagères comme les courgettes, les melons, les poivrons, les fèves et les concombres. Pour aider les abeilles, il faut rendre son jardin attractif. Commencez par privilégier les plantes à floraison longue. C'est le cas de la scabieuse, du mélilot, de la luzerne, de la phacélie, du trèfle ou de la centaurée jacée. Cette dernière offre aux abeilles un « panier garni » composé de multitude de petites fleurs tubulaires. Le mélilot dont le nom latin signifie miel, témoigne de son importance mellifère. La luzerne donne un excellent miel base de la plupart de nos miels « toutes fleurs ». Le trèfle est moins courant, les abeilles se nourrissent de nectar le matin et butinent le pollen l'après-midi.

A savoir, 70% des principales cultures nécessaires à la consommation dépendent de la pollinisation. Par ordre d'importance dégressive, notons les légumes, les fruits, les oléagineux, le café, le cacao.

Tous les jardiniers savent ce qu'ils doivent à ces pollinisateurs hors pair, à eux de les récompenser en leur offrant une très grande variété de plantes à butiner tout au long de l'année. Cultivons donc la biodiversité !